Recherches de Science Religieuse, 14 (1924) p.292 


TERTULLIEN, DE BAPTISMO, V

Un texte énigmatique de Tertullien, plusieurs fois discuté dans les 
Recherches,
a été récemment l’objet de plusieurs communications à
l’Association des Études grecques.
La dernière de ces communications 
paraissant faire une lumière définitive, nous croyons intéressant de la 
signaler, d’après les Actes de l’Association, Revue des Études grecques, 
tome XXXVI, p. LVIII-LIX.

(Séance du 7 juin 1923)... M. Isidore Lévy revient sur le tèxte de 
Tertullien dont il a été question dans les séances du 1er juin et du 
6 juillet 1922 : esietos vocant... quos aquae necaverunt. M. Lévy écrit 
esietas
les premiers interprètes ont pensé à des noyés : c’était juste : 
ἐσίης ου ἀσίης dans la grécité d’Égypte, signifie « noyé». Ce mot a 
une histoire très curieuse : l’égyptien du cinquième siècle hasie signifie 
« l’immortel bienheureux ». Les Égyptiens croyaient qu’un caractère 
religieux s’attachait à la mort par noyade : c’est un moyen direct 
d’entreter au paradis d’Osiris. Comment le mot a-t-il passé en grec? Il a 
fallu pour cela que passât des Égyptiens aux Grecs l’idée du salut par 
la noyade. L’apothéose d’Antinoüs, la divinisation par submersion, 
ne s’explique pas par les idées grecques. D’autre part l’immortalité 
par là noyade se trouve dans l’Apocalypse de Josué, fils de Lévi, document 
rabbinique alexandrin qui ne peut être postérieur au premier
siècle.

Pour les Grecs, le noyé est un misérable, victime d’un βίαιος θάνατος 
et ἄταφος A cela les Égyptiens opposent une idée contraire. Le grec a 
passé d’une notion à l’autre.

MM. Jouguet, Th. Reinach, Glotz, l’abbé d’Alès, Pernot présentent 
des observations. Le président remercie M. Lévy de sa remarquable 
communication, qui résout de façon définitive le problème proposé.

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